Impacts du traitement au long cours par lanadelumab sur les dépenses de santé des patients ayant un angioedème héréditaire: Résultats issus de la base nationale française SNDS

Event: 91e Congrès Français de la Société Nationale Française de Médecine Interne (SNFMI), Tours, France

Authors: Laurence Bouillet; Julien Dauriat; Cinira Lefèvre; Mouna Chebchoub; Diane Vincent; Sacha Lévy; Cédric Strub; Olivier Fain

 

Introduction

L’angioœdème héréditaire (AOH) est caractérisée par des crises d’œdème récurrentes, imprévisibles et potentiellement mortelles. Le lanadelumab, un anticorps anti kallicréine, est un traitement prophylactique au long cours (LTP), disponible en France depuis octobre 2018. Nous avons voulu évaluer son impact sur les dépenses de santé des patients AOH, et sur leur prise en charge.
 

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude de cohorte observationnelle rétrospective menée à partir des données de la base du Système National des Données de Santé (SNDS) sur une période allant d’octobre 2018 à décembre 2022. Les patients étaient inclus s’ils avaient au moins deux remboursements de lanadelumab et au moins deux ans de suivi (1 an avant et 1 an après l’initiation du lanadelumab). Les patients étaient suivis à partir de la première délivrance de lanadelumab et jusqu’à la fin de la période d’étude, le décès ou un an après l’initiation. L’utilisation des ressources de santé était décrite par : le nombre d’hospitalisations d’urgence liées à l’AOH, le nombre d’arrêts de travail, le nombre de consultations spécialisées potentiellement liées à l’AOH (allergologue, interniste, dermatologue, pédiatre) et le nombre de délivrances de traitements à la demande pour l’AOH.
 

Résultats

370 patients traités par lanadelumab ont été identifiés, dont 287 ayant le suivi requis pour l’analyse. L’âge médian des patients était de 40 ans ; 63 % étaient des femmes. 94 % prenaient déjà un LTP à l’inclusion. Durant l’année suivant l’initiation du lanadelumab (vs l’année précédente), le nombre d’hospitalisations dans un service d’urgence liées à l’AOH et le nombre de délivrances de traitements de crise ont significativement diminué de 66,3 % (p = 0,018) et 63,6 % (p < 0,001), respectivement. Aucun changement n’a été observé concernant les arrêts de travail ou les consultations spécialisées. Concernant les coûts liés à l’utilisation des ressources de santé, l’année suivant l’initiation du lanadelumab était significativement moins coûteuse que l’année précédente (47 % plus coûteuse avant : [1,47 ; 1,32–1,64], p < 0,001).
 

Conclusion

Cette étude en vie réelle apporte de nouvelles données sur l’impact potentiel du lanadelumab sur l’utilisation des ressources de santé liées à l’AOH. Hors coût du lanadelumab, notre étude montre une réduction des coûts associés aux hospitalisations et aux délivrances des traitements de crise. Des études complémentaires restent nécessaires pour confirmer ces résultats sur un plus grand nombre de patients et avec un suivi plus long.

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